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Nous sommes le 7 juin 2012. J’ai presque 22 ans. 22 ans et finalement armé d’un diplôme d’études supérieures. C’est la cérémonie aujourd’hui, mais ma copine de l’époque trouve ça ringard d’aller se trimballer en toge avec un sourire idiot pour célébrer notre entrée dans le monde adulte des sur-éduqués. Peut-être qu’elle a raison. Pour l’impressionner, je lui dis que je pense pareil même si j’ai l’impression de manquer l’événement unique et solennel pour lequel on a fait semblant d’être occupé à étudier pendant quatre ans. Ce cliché américain des chapeaux lancés dans l’air, comme si on se débarrassait de quelque chose qui allait nous retomber dessus au moment même où l’on sortira des portes du campus.

Nous sommes le 7 juin d’une année 2012 marquée au Québec par des bouleversements sociaux qui ont fini par être récupérés par une élection. Nous ne nous souvenons même plus de ce Printemps érable, ni de ses leaders qui ont tous succombés à l’appel de positions confortables au gouvernement et se sont joints à des convictions auxquelles ils juraient ne jamais adhérer. La révolution à moitié est-elle pire que celle du silence?

Je me suis donc privé de la consécration ultime de lancer mon chapeau avec mes camarades d’études, privé ma famille d’une belle photo encadrée de ma face avec un sourire niais enveloppé d’une toge noire tenant un bout de parchemin où des mots en latin moderne se suivent.

J’ai 22 ans et maintenant il faut trouver un travail et vite. Un job, un emploi, un taff, une position, un gagne-pain, une situation. N’importe quoi mais vite. Pourquoi? Je ne sais pas. Pour faire comme tout le monde. Pour pouvoir répondre à la question « tu fais quoi dans la vie? » Pour prouver qu’on peut être diplômé et pas sans emploi. C’est soit ça, soit on s’impose au moins deux autres années de maîtrise puis quatre de doctorat à parler de choses auxquelles on croira de moins en moins, et passer toujours plus de temps dans des salles de cours pour écouter des gens parler d’un monde réel dont ils sont déconnectés depuis le confortable siège d’une bibliothèque réservée à ceux qui payent leurs frais de scolarité.

Donc non. Pas ça. Postuler. Farcir son CV de mots et termes que personne ne comprend mais qu’on utilise quand même. Pour faire comme tout le monde. Écrire des lettres de motivation démotivantes qui seront lues en diagonale. « Je souhaiterais vous présenter ma candidature », « je suis extrêmement motivé à l’idée de me joindre à votre compagnie », « mon expérience dans le domaine du … s’est démontrée par… ». J’ai toujours eu le fantasme d’écrire une lettre de motivation qui exprimait ce que je pensais franchement de la situation.

 

Cher responsables des ressources humains qui n’a aucune idée en quoi consiste le poste pour lequel tu choisis tes candidats,

Je t’écris car apparemment il faut faire cela, même si ça n’a pas trop de sens d’écrire des paragraphes pour un travail dans lequel je n’écrirai pas le moins du monde si ce n’est des courriers électroniques préformatés sans sens et faisant semblant d’être aimable dans l’agressivité passive la plus complète.

J’espère quand même que tu tomberas par hasard sur ces mots essayant de te faire croire que je suis exactement ce qu’il te faut même si je ne le crois pas moi-même. Malheureusement je ne connais personne que tu connais, donc je n’ai pas mis toutes les chances de mon côté, mais j’ose espérer que ce fameux « réseau », ces fameux « contacts » ne comptent pas. Quelle naïveté, je sais! Enfin bon, voilà, j’ai copié-collé les points de ta liste qui se trouvaient dans l’offre d’emploi et arrangé des phrases autour. Pour ça, l’école m’a bien formé.

Toutes mes sincères salutations les plus distinguées, même si je ne comprends pas pourquoi il faut écrire cela et faire semblant de respecter quelqu’un que je critiquerai avec mes autres collègues deux mois après avoir été engagé, et que je serai rendu au même point, c’est à dire réécrire une lettre similaire en personnalisant juste le nom de l’entreprise et la date, pour essayer de faire croire à une autre personne comme toi que je serais un candidat de choix pour le futur de sa compagnie qui n’a en aucun cas mon bien-être et mon enrichissement personnel comme priorités, mais pour laquelle je donnerai tout.

 

Donc un emploi. Il faut un emploi. Il faut. Je dois. Je ne me suis pas posé la question pourquoi. L’université ne m’a pas appris ça. Mais il me fallait un travail. À temps plein de préférence. Et à peu près un an après avoir reçu mon diplôme et une quarantaine de lettres de motivation plus tard : une entrevue.

L’entrevue. Encore un autre exercice où il faut essayer d’être le moins soi-même. Pire qu’une date avec quelqu’un rencontré sur un site de rencontres rapide où il faut adopter plusieurs personnalités comme des millions d’autres schizophrènes en mal d’attention. Je ne me pose toujours pas la question si tout cela a un sens. Plus rien n’a vraiment de sens à ce point. Je ne suis plus avec ma copine et, comme si la pression d’avoir un job pendant qu’on était ensemble n’était pas assez, maintenant c’est comme pour prouver quelque chose à … je ne sais qui… que je veux ce poste. En fait c’est même une affaire de vie ou de mort que j’aie ce poste. Pourquoi au juste? Pour payer mon loyer? Pour payer mes pizzas surgelées? Mes week-ends au chalet avec des amis qui ne me demandent jamais comment je vais et qui m’oublieront la minute où je n’entretiendrai pas le contact?

Et puis ça y est. Consécration. Job en poche. Au-dessus, c’est le soleil. Quel bonheur! On parle en très haut lieu de mon potentiel. Dans la compagnie, dans ma famille, parmi mes amis. On s’enorgueillit de mon orgueil même si tout ce potentiel, on ne me dit pas comment on va l’exploiter. Ça ne m’empêche pas de faire tout péter. Péter le nouvel appart. Péter ma première voiture. Péter ma première télé ultra-plate ultra-HD. Péter ma première Playstation. Péter le Ikea en bois pas de Suède, et tout le tralala. Nouveau matelas King acheté 900 dollars au lieu de 1300, quelle affaire! Qu’est-ce qu’on est bien chez soi. Pas loin, j’ai plein de commerces de choses et d’affaires pour toutes les activités. De quoi pourrais-je avoir bien besoin ce week-end? Attends, je finis ma partie de GTA V. Mince il est 22 heures, pas vu le temps passer. Mettre la Playstation sur pause. Mettre la pizza dans le four. Demain lundi déjà. Peut-être que ma boss va m’annoncer que j’ai ma promotion. Ça fait huit mois qu’elle me le promet quand même. Rien ne va assez vite. Particulièrement huit mois à avoir fini ses tâches quotidiennes à 10h30 et faire semblant de travailler le reste de la journée.

Aujourd’hui je comprends pourquoi cette promotion que j’attendais impatiemment a mis tant de temps à s’ouvrir. Parce que ce n’était simplement pas pour moi. Souvent, quand une chose prend trop longtemps ou qu’il faut la forcer, il faut savoir écouter son instinct : cette chose n’a pas lieu d’être. Mais j’attendais ce poste comme l’ultime graal et je l’ai eu. Après ça, je n’avais plus qu’à me marier, divorcer, puis mourir, vu que j’ai passé toute mon enfance à être communié parmi des écoles ultrareligieuse où on m’a toujours reproché ma couleur de peau un peu plus tannée que les autres; enfin, ça c’est une autre histoire.

On est en octobre 2014. Le poste permanent est dans une ville encore plus consumériste que celle où je vis actuellement. J’y pense, j’hésite. Et je dis oui. Car, à ce qu’il parait, il ne faut jamais dire non à l’emploi à temps plein.

Mars 2015. Après trois mois d’hibernation à essayer de trouver ma place dans ce nouveau bureau, j’ai un nouveau boss, inférieur à ma boss d’avant, donc je savoure cette fausse promotion. Il va falloir faire encore plus semblant de paraître occupé aux tâches pour lesquelles je n’ai pas été engagé. Ouvrir Excel pour feindre la productivité. Murmurer des « mmmmh » pour avoir l’air concentré.

 

Depuis mon déménagement de janvier, mes journées se suivent et se ressemblent.

Réveil à 7 heures.

Arrivée au travail à 8 heures. Tout le monde ici entre à 8h30-9h ici, histoire de mieux vous juger lorsque vous partirez avant eux. La dictature du cubicule.

À 10h30, réunion quotidienne. Faire semblant qu’on travaille et qu’on est occupé. Tout le monde a l’air de bien savoir faire ça. Moi, je ne sais pas bien mentir donc un doute plane sur mes occupations.

11h45, le lunch est dans la cuisine. Malgré ma fausse promotion, dans la compagnie où je travaille, la bouffe est gratuite. On arrive quand même à s’en plaindre. As-tu aimé le poulet au beurre de lundi? J’ai préféré la journée burger de vendredi.

13h, j’essaye de trouver des raisons de rester dans la cuisine où certains prennent une pause à midi alors que les plus frustrés mangent à leur bureau, comme s’ils voulaient prouver qu’ils sont tellement occupés qu’ils mangent en tapant sur leur clavier. Vraiment multitâches ces parfaits employés. Beaucoup de potentiel.

14h30, réunion en ligne sur les nouveaux objectifs de la compagnie (objectifs en permanence contradictoires et se renouvelant chaque mois). Il faut faire plus de vues de nos articles et reportages avec moins de moyens. Bref, montrer subtilement des fesses, des poitrines et des chats de façon professionnelle. Alterner ça avec des requins. Et puis, espérons un petit attentat, ça booste toujours un peu les statistiques trimestrielles. Le journalisme a toujours eu de belles valeurs.

16h, je vais attendre 30 minutes pour partir. Sinon on va me juger et dire que je ne fais rien de ma journée.

17h, j’enfile mes pantalons en coton ouaté. J’allume la télé et ouvre Netflix. Je regarde une série que j’ai déjà regardée parce qu’il y avait tellement de choix que j’ai choisi le confort de ce que je connaissais déjà.

19h, je fais à manger. Des légumes du marché bobo trop cher si j’en ai, sinon pizza surgelée « artisanale » quand même, faut pas déconner.

19h30, j’allume la Playstation 3 où j’ai commencé une nouvelle saison « Carrière de manager » dans NHL 14. Mon joueur-alter-ego en est dans sa troisième saison avec 80 buts au compteur déjà. Du grand potentiel lui aussi.

23h, je me rends dans mon lit pour y tourner et fais défiler mon cellulaire jusqu’à ce que mes yeux s’éteignent.

 

Entre toutes ces heures, je ne me souviens même plus de ce que je faisais, à quoi je pensais. Je regardais juste un écran comme les soixantes autres personnes autour de moi. Nous étions tous devant un écran à manipuler un clavier, tapant fort pour faire croire qu’on travaille fort. Je crois de plus en plus à cette théorie selon laquelle les écrans d’ordinateurs dans les cubicules sont tous figés, et que lorsqu’on rejoint une compagnie, on nous fait boire un sérum (le café filtre dégueulasse de la machine peut-être?) qui nous rend si hébétés qu’on croit travailler sur des choses différentes alors qu’à l’instar de singes surdiplômés, on ne fait qu’agiter nos doigts sur un bloc de plastique tout en fixant profondément un rectangle de lumière bleue, persuadés de notre utilité, croyant qu’on mérite notre salaire.

Finalement, la partie de cette routine qui m’a gardé en vie durant ces trois années fut mon trajet à vélo été comme hiver pour me rendre au bureau. L’once d’aventure et de risque me maintenait l’esprit et le corps. Réparer des pneus crevés, avoir ses doigts plein de cambouis après une chaîne qui a déraillé, démonter pour ensuite tout remonter… Travailler avec ses mains, seul vrai travail qui compte.

Après toutes ces années, je ne me souviens que de la forme fantomatique de mes journées, des frustrations créatives et émotionnelles, du harcèlement et de l’ignorance pugnace de certains de mes collègues et managers. De ce sentiment d’inutilité totale, de voir la vie passer sans savoir quoi faire, avec comme seule porte de sortie, la possibilité d’un autre job similaire. On fait table rase, et on remet les mêmes ustensiles mal lavés.

 

Il faut du temps avant de prendre une décision sur un coup de tête. Il faut du temps de réflexion avant de faire ce que votre cerveau ne peut pas comprendre. Nous sommes novembre 2015. Mon manager, tel un sosie contrefait de Voldemort dans Harry Potter 13, continue de prendre les pleins pouvoirs et de tenir le double discours typique des managers en entreprise. Lécher le cul de ses chefs et menacer ses sous-fifres. Instaurer un climat de terreur et de favoritisme car ce serait trop risqué que tout le monde s’épanouisse dans son cubicule. Ce serait aller contre le système… Étant donné que je cherche à me faire mettre à la porte, je ne sais pas ce qui m’empêche de lui cracher à la face ou de lui donner des coups d’épaule quand on se croise et ne se dit même pas bonjour dans les couloirs (certaines cultures d’entreprise ont la fâcheuse tendance d’avoir oublié -par souci de purisme?- les principes basiques d’éducation et de vie sociale comme dire bonjour).

Au final, l’amour en entreprise dure vraiment trois ans.

Premiers six mois, on est excité comme pas possible car on a enfin eu le poste. Les possibilités sont infinies, on va tant apporter à la boîte! On va tout donner! Et on va pouvoir profiter de tout cet argent mal-négocié dans ses 8 jours de vacances (à moins que vous vous trouviez dans un centre urbain où les loyers prennent la moitié de votre salaire comme c’était mon cas à Toronto).

Deuxième partie de l’année, on note les attitudes de ses collègues. Pas les bonnes. Celles qui irritent. Lui qui respire trop bruyamment. Elle qui met sa crème de main qui pue. Lui qui raconte toujours la même anecdote trois fois par jour mais à des personnes différentes, et vous passez toujours à côté quand il la raconte. Ces deux collègues qui sont inséparables et s’ostracisent des autres. Elle qui fait la diva et se sent trop importante même si elle a le même poste que tout le monde. Lui qui conte en détails combien de kilomètres il a fait la semaine dernière en vue du prochain Marathon de pétaouchnok. Elle qui parle toujours de son ancien travail et comment il était si parfait, celle-ci qui détaille les maladies de ses enfants. Individuellement, toutes ces personnes ne sont pas si pires, mais c’est l’accumulation de ce bruit de médiocrité qui peut très vite vous ensevelir.

Deuxième année, c’est l’acceptation. On se résigne, parce qu’on ne veut pas perdre ce fantastique confort d’avoir cette paye chaque deux semaines. Être payé pour s’assoir à un bureau. Être payé pour juste endurer des collègues agaçants. Après tout, ils sont juste humains ces collègues. On a voulu les changer pendant un temps et leur faire comprendre que leurs caractères étaient irritants, mais très vite on se demande quel caractère ils trouvent irritant chez nous. Quel con de cubicule on est. Le trop bruyant? Le trop prétentieux? Le trop pas à sa place?

Troisième année, c’est la productivité qui baisse drastiquement comme si inconsciemment on attendait d’être mis à la porte. Travail minimum. On fonce pour faire les tâches quotidiennes pour en avoir fini à 11 heures. Ensuite de 11h30 à 13h30, c’est midi. 13h30 à 14h30 sieste dans la pièce où personne ne vous trouvera. Vous sortez le téléphone à l’oreille feintant une longue conversation. Vous envisagez commencer la cigarette juste pour avoir une excuse de sortir prendre l’air. Entre 15h à 16h, c’est recherche d’emploi et envoi de CVs comme un aveugle jouerait au golf dans la nuit avant d’enfin quitter cette bande de cons(ommateurs) qui s’ignorent.

Et c’est à ce moment-là que l’humain dans cette situation a devant lui deux chemins.

Le premier est celui de la victimisation par acceptation. Parce qu’après tout, ce chèque chaque mois vaut bien la peine d’être entouré de gens que vous ne supportez pas et qui font semblant de vous supporter. Pire, si vous avez une hypothèque, un mariage, des enfants, un conjoint, un divorce, des vacances prévues que vous avez payé avec votre carte de crédit, ou simplement un grand « sens des responsabilités »… Mais combien de temps tiendrez-vous?

L’autre option est le rejet. Tout à coup vous réalisez qu’il y a peut-être une autre vie quelque part. Vous vous demandez qui a décidé qu’il fallait vivre assis à un bureau et endurer une aliénation volontaire alors que vous pourriez travailler moins, vivre plus pour vous et pour les autres.

La plupart des gens diront que la deuxième option est un risque, un signe de bizarrerie, vous fait sortir du moule. Pourtant, il y a énormément plus de risque dans la recherche d’un confort de raison. Il y a énormément plus de risque dans la recherche d’un travail permanent qui ne vous ressemble pas, mais qui ressemble au travail de millions d’autres. Avez-vous déjà essayé d’expliquer votre travail à vos grands-parents s’ils sont encore de ce monde? Avouez qu’ils n’y comprendraient rien. On met ça sur le fait de leur âge, mais à y repenser, peut-être c’est notre travail qui n’a pas de sens.

Donc c’est novembre et c’est décidé. Tout ce poids, ce job, ces choses que je possède que je dois entretenir grâce à ce même job, ce cercle qui me maintient dans une vie de confort inconfortable comme une intraveineuse presque vide vous maintient dans le coma… Demain, plus de ce job où je fais semblant de travailler pour faire plaisir à je ne sais qui. Plus besoin de faire semblant de travailler pour conserver un emploi qui n’est pas pour moi. Demain plus de job. Demain plus d’adresse. Demain, plus rien de ces choses qui peuplent les armoires et les garde robes.

Je dis « demain », mais il serait faux de penser qu’un coup de tête arrive en un claquement de doigt. Tout comme vous avez préparé cette vie de confort cubiculaire pendant tant d’années, il faut presque tout autant de temps pour en préparer la sortie et savoir ce que l’on veut vraiment. Parfois le piège est d’être dans un état de limbes et de se faire rattraper par l’appel infernal du confort. C’est pour ça qu’il faut bien préparer sa sortie du confort. Pour ne pas y replonger sans s’en rendre compte.

Quitter mon emploi m’a pris presque autant de temps qu’en trouver un.

Mais si on m’avait dit à ma sortie de l’école que je trouverais ma place et vivrais des moments heureux en habitant dans un van. Que je vagabonderais entre le fleuve St-Laurent et la Côte Pacifique, de Toronto à l’Atlantique à travers des neiges et des amitiés d’un jour, en possédant moins de cent choses, en vivant les canicules d’Août et les nuits glacées du printemps boréal, des Prairies albertaines aux Grands Lacs ontariens… Si on m’avait dit que ma vie serait une remise en question de toutes mes valeurs, de tout mon avenir, de qu’est-ce que ça veut dire, « choisir » sa vie. En fait personne n’aurait pu me le dire. Personne ne peut dire ce qui nous rend heureux, car la vie ce n’est pas être heureux. La vie n’est qu’une succession d’essais et d’erreurs; notre tâche est d’apprendre à équilibrer les vagues de hauts et de bas qui nous hantent, et c’est par soi-même qu’on peut choisir son avenir, c’est par soi-même qu’on devient soi-même, et non en répliquant une vie qui n’est pas à nous.